La ville s’est libérée du monde tandis que saigne minuit au coin de la rue,
Et l’aube se meurt sous les décombres d’un azur que personne n’a vu.
Les orphelins de la vie se sont cousu les yeux,
Dans la tiédeur de leurs tanières, loin du monde et de ses feux.
Un dernier veilleur dans un monde à l’envers,
Somnambule égaré dans les plis de son univers,
Abandonne ses cicatrices aux cathédrales de béton,
Là où les ombres s’agenouillent sans connaître leurs raisons.
Minuit déraille et vacille au royaume des absents,
Minuit, deux battements sourds dans les mâchoires du néant.
Minuit, chaque pas se fracasse dans le vide,
Minuit, même l’ombre semble en exil.
Minuit, les rues s’égarent sous les yeux des lampadaires,
Minuit, le brouillard dévore les chemins, les repères.
Il poursuit sa lente traversée,
La ville retient son souffle…
Et lui croit l’entendre rêver.